” Plus vite, plus haut, plus fort », se souvenir d’une expérience olympique”

Yeelen RAVIER

« Citius, Altius, Fortius », ce sont les trois mots que l’historien et l’historique Pierre de Coubertin prononçaient lors de l’inauguration du Comité International Olympique en 1896. Il y a un peu plus de deux mois, avec ma valise bien garnie et mes vingt ans de passion, je débarquais sur le sol brésilien, à Rio, pour vivre l’aventure de mes rêves, les Jeux olympiques, dans la peau d’une journaliste en herbe…

« Tout doit être fait avec passion ». Cette jolie citation de Björk, je me l’applique tous les matins en me levant. Yeelen Ravier, vingt ans et étudiante en deuxième année de journalisme à HEJ Lyon. Cela fait seize ans que je suis une passionnée mordue et ardue des chevaux. Ma vie en tourne autour depuis que j’ai posé mes fesses sur une ponette normande dénommée Manita, à quatre ans. Il y a cinq ans, dans les allées d’un lycée cévenol, il me fallait décider de mon « orientation ». Direction le baccalauréat littéraire sans hésitations, les chiffres me donnant mal à la tête et les sciences économiques et sociales bien trop envie de parler politique. Et puis, surtout, j’aimais lire, et écrire. J’ai décroché mon diplôme avec une mention assez bien et je me dois de « trouver ma voie ».

Après avoir pesé le pour et le contre de mes deux leitmotivs, je décide de renoncer à un engagement politique à temps-plein pour me consacrer à ma plus fidèle passion, le journalisme sportif, spécialité équitation. Et comme la majorité des gens qui se projettent dans leur vocation, j’ai eu ouïe dire des « Elle n’y arrivera jamais, c’est un secteur bouché ! » et les « Moi, à ta place, je serais allée… ». J’ai donc opté pour une première année de Langues Étrangères Appliquées à l’université de Grenoble. Cours bien trop généraux et théoriques, aux niveaux disparates, j’en suis partie au bout de deux mois avec un début de dépression sur le dos. Après moult discussions, je me suis finalement tournée vers une école privée de journalisme. Et j’ai bien fait.

Fin 2013, en parallèle du lycée, j’ai intégré une équipe de cinq adolescents passionnés de sports équestres, qui a finalement accouché d’un petit média amateur sur le web. Aujourd’hui, nous avons franchi les 30 000 lecteurs sur Facebook, et nous sommes accrédités presse au même titre que les ténors d’Euro Sport. Mais mon tournant professionnel est survenu en avril 2015, où j’ai postulé pour un stage chez Grand Prix Magazine, première rédaction francophone de sports équestres. Après cinq mois en tant que stagiaire, j’ai endossé l’habit de pigiste. Puis cette année, dans le cadre de ma première année à HEJ, j’ai effectué mon stage dans cette même entreprise. Par la force du destin, de travail et motivation aussi, j’ai eu l’opportunité de voler jusqu’au Brésil pour couvrir deux semaines de sport intense aux Jeux olympiques. Une expérience inespérée et immortalisée, tant sur le plan professionnel que personnel.

Le journalisme, c’est être le témoin et le passeur

L’une des nombreuses raisons de mon amour pour le journalisme sportif, c’est le partage. Le sport, comme l’art, est l’une des seules choses qui puisse réunir autant d’individus si différents ensemble. Partager les joies, les peines, les bonheurs intenses et les déceptions. Quand tu es journaliste, tu es le témoin et le passeur de ces émotions. À Rio, c’est ce que j’ai ressenti. J’avais la chance de pouvoir assister à un moment historique, et je devais trouver les mots exacts pour le décrire. Que tout le monde vibre autant que moi. C’est à la fois honorant et très stressant. Il faut peser chaque mot, chaque virgule pour que le lecteur, derrière son ordinateur, puisse avoir l’impression d’être avec vous.

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À contre-courant d’une société désespérée

Loin de moi l’idée de vouloir étaler mon périple et mon parcours, ce témoignage s’adresse à tous, et en particulier aux jeunes adultes. La première pierre de ta vie, c’est toi qui décides de la poser, et où tu le souhaites. On m’a souvent conseillé de ne pas viser mes étoiles, tant le chemin était dur pour y parvenir. Le système scolaire, éducatif, et parfois même le milieu familial, tente trop souvent de décourager les passionnés de toucher leur rêve du bout des doigts. On vous conseille d’aller là où il y a de la place, où vous serez bien reçus. On délaisse les métiers manuels et artistiques pour vous envoyer à l’université, étudier dix ans de droit ou de langues au milieu de cinq cents autres élèves, qui pour beaucoup ne l’ont pas choisi. Par-delà les difficultés économiques d’un secteur, l’absence de contacts, la longueur d’un CV soi-disant obligatoire ou je ne sais quelle ligne que l’on vous dit de remplir, ne faites confiance qu’à votre passion.

La vie dure entre 80 ans 100 ans. C’est long, soixante ans de travail. Soixante ans à se lever aux aurores, à rentrer à l’heure du dîner, à sacrifier des voyages à l’autre bout du monde ou des soirées bien arrosées. Notre activité professionnelle est notre activité principale. Comment vivre soixante ans dans un habit qui ne nous convient pas ? Moi, j’ai la chance de tutoyer le métier de mes rêves. Je mesure modestement la chance que j’ai. Donc croyez en vos rêves, même les plus fous, et battez-vous pour les atteindre. La vie est bien trop courte.

Yeelen Ravier

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