Le stroke ou l’art du contact

VMPO

Tout au long de la journée, nous avons des contacts, des réunions, des entretiens, des rencontres, des coups de téléphone.

Chacun de ces contacts laisse une bonne ou une mauvaise impression. Certains vont nous marquer longtemps et d’autres s’effacer de nos souvenirs. Certains vont nous mettre en forme tandis que d’autres vont nous rendre triste.

C’est un phénomène décisif que l’outils stroke permet de comprendre et d’appréhender.

Le mot américain stroke signifie : donner un coup, frapper et aussi donner une caresse…

Ainsi, chacun d’entre nous établit des transactions pour être reconnu par les autres et indiquer aux autres qu’il les reconnaît.

Les stroke sont donc des signes.

Le stroke est indispensable à la survie biologique et psychologique

De nombreuses expériences en maternité ont montré que les bébés “strokés” se portaient mieux que les bébés peu ou pas “strokés” : les bébés caressés et entourés par leur mère, même dans des conditions d’hygiène défavorables résistent mieux aux maladies que les autres.

Le stroke peut être d’énergie positive ou négative 

Le stroke positif correspond à la reconnaissance des qualités de l’autre pour le valoriser ou de tout autre comportement ou actions qui provoquent chez l’autre le développement d’une énergie positive.
Les strokes positifs me permettent ainsi de vivre mieux avec moi-même et les autres.
Le stroke négatif correspond à la dévalorisation de l’autre, en ne reconnaissant pas ses qualités ou en se comportant de telles façons qui provoquent chez l’autre le développement d’une énergie négative.

Un individu préfère un stroke négatif au risque de ne pas en recevoir

L’absence de strokes est dramatique pour un individu. Elle est la source d’une diminution d’énergie, présage d’une disparition de lui-même (maladie et mort)
Chaque individu préfère ainsi des strokes négatifs à l’absence de strokes, ce qui explique de nombreux comportements provocateurs, désagréables ou manifestement destinés à développer des échecs ou des ennuis pour tout le monde.
Ils ont, malgré tout, une douloureuse et tragique fonction de survie : un stroke négatif plutôt que rien.

Le stroke peut être conditionnel ou inconditionnel

Le stroke conditionnel est un signe de reconnaissance conditionné par les comportements de l’autre (si vous agissez bien, vous aurez un stroke positif). Le stroke inconditionnel n’est pas lié directement aux façons de faire de l’autre, mais au contraire, il consiste à apprécier la personnalité de quelqu’un avec ses qualités et ses défauts et non pour ce qu’il fait.
Quelqu’un d’habitué à des strokes conditionnels a tout le temps besoin de prouver sa valeur en agissant d’une façon telle que le stroke lui soit donné en retour.

Le stroke inconditionnel est plus intense que le stroke conditionnel

Le stroke conditionnel, positif ou négatif, est d’une intensité moyenne ou faible, donc de risque limité.
Le stroke inconditionnel, positif ou négatif est toujours de très forte intensité, donc de risque élevé.
Par exemple, un entretien d’appréciation mal préparé où le manager se contente de dire que “cela ne va pas” sans indiquer des faits ou des chiffres, peut provoquer chez son interlocuteur les effets catastrophiques du stroke inconditionnel négatif.
En management, le stroke conditionnel, à risque limité, reste l’instrument le plus opérationnel pour la vie quotidienne.
Pour quelques points fondamentaux, le stroke inconditionnel reste de mise : par exemple, respect de la personne humaine, quel que soit son comportement négatif par ailleurs.

L’effet positif du stroke est directement lié à la qualité du stroke donné

Le stroke positif le plus intense est celui qui a les 5 qualités suivantes :
  • sincère,
  • approprié,
  • personnalisé,
  • dosé,
  • argumenté.
Un stroke positif sera d’autant plus fort qu’il se rapprochera de ces 5 qualités, et d’autant plus faible qu’il s’en éloignera.
Le “faux stroke positif” est particulièrement assuré de n’avoir aucun effet : par exemple, le compliment appuyé ou manipulateur.
Le “stroke forcé” se sent. Il a peu de chances d’avoir des effets positifs.
Le stroke inapproprié inquiète en général l’interlocuteur qui se demande s’il y a manipulation ou dérision.

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Pour obtenir la même quantité d’énergie psychique, il faut soit 1 stroke positif, soit 10 strokes négatifs.

Le rapport est de 1 à 10. 
Un individu, en manque de strokes positifs a besoin de multiplier les occasions de strokes négatifs, pour recevoir la même quantité d’énergie pour survivre.
Ceci explique les attitudes provocatrices de certaines personnes, appelant les strokes négatifs : le rejet ou la réprimande.
Derrière maintes attitudes se cache un appel maladroit aux strokes positifs. Ne pouvant avoir un seul stroke positif, la personne appelle les nombreux strokes négatifs pour avoir au moins sa dose suffisante d’énergie psychique pour survivre.
L’énergie psychique sera négative, donc source de souffrance, mais elle permet de survivre, et c’est mieux que rien…

Chaque individu a une dose habituelle de stroke qu’il a du mal à dépasser, comme la température d’un climat.

Ainsi, certains individus sont habitués à vivre avec peu de strokes. Il convient de leur donner avec prudence de nouveaux strokes supplémentaires car il y a risque “d’overdose”…
Chacun se sent “en manque” si la dose est trop faible ou “en saturation” si la dose est trop forte.
Faire des compliments trop forts ou trop inhabituels inquiète la personne qui les reçoit. Chercher à stroker positivement les autres permet de développer leur énergie, si cela est fait en respectant cette loi “de la dose habituelle”.

Chaque individu a un canal préférentiel de stroke

Il existe 5 canaux possibles de strokes.
  • Le regard, les yeux, la vue : en ce cas, il suffit de regarder quelqu’un, même un moment, pour que l’effet stroke ait lieu.
  • La voix, la parole, le son : certaines personnes sont sensibles au son de la voix, elles préfèrent téléphoner qu’écrire… dire, dialoguer, parler.
  • L’écriture, la note, le mémo : d’autres craignent l’expression orale et se sentent plus à l’aise de communiquer par l’écriture. Elles savent bien féliciter quelqu’un en lui envoyant “un petit mot”, ou une lettre alors qu’elles seraient gênées de le faire au cours d’une conversation.
  • La proximité, le contact, le toucher : certains aiment être en groupe, même en foule; proche les uns des autres.
  • L’odorat, le parfum, l’odeur : certains spécialistes ont pu dire que c’était le seul problème de communication qui était vraiment décisif pour la vie en couple : toutes les autres difficultés pouvaient être résolues, sauf celle-là. Ce phénomène est souvent méconnu et minimisé dans la vie professionnelle, alors qu’il peut être source de strokes négatifs insupportables. Ceci peut être surtout vrai pour les populations qui ont des habitudes et des physiologies très différentes.
Chacun a un canal privilégié de stroke et des canaux difficiles ou bloqués. Stroker en utilisant le canal préférentiel de l’autre augmente les chances de déclencher l’énergie positive.

Chacun peut “stocker les strokes”.

Il est en effet possible pour un individu, d’accumuler des réserves de strokes pendant certains moments de la journée ou certains jours de la semaine ou certaines semaines du mois pour utiliser ensuite cette énergie de réserve dans les moments où les effets strokes sont faibles.

Chacun possède un filtre à strokes

Selon sa personnalité et les habitudes de son milieu, chacun est prêt à accepter ou refuser totalement ou partiellement, les strokes qui lui sont donnés. Certaines personnes interprètent le stroke positif en stroke négatif. : ” Il m’a dit que j’avais bien travaillé mais ce n’est pas vrai, j’aurais dû faire encore mieux… C’est parce qu’il me sait bête et qu’il veut être gentil avec moi”. A chacun de connaître jusqu’à quel point il refuse le stroke ou le sélectionne selon son système psychologique personnel.
L’effet stroke est essentiel dans la vie, c’est pourquoi il fait peur et a été réglementé. Dès l’enfance, dans les familles, les filtres sont mis en place :”Ne lui fais pas trop de compliments, cela va lui monter à la tête…” Ou bien, ce qui revient au même, les strokes données sont surtout des “faux strokes” : “Mais si, c’est bien… c’est très joli…” Alors que la personne pense le contraire. L’enfant le sait bien, et se dit que dans la vie, quand quelqu’un vous fait un compliment, ce n’est pas vrai, il ne faut pas le croire… Et voilà, le filtre est mis en place.
Il est possible de nettoyer le filtre à strokes négatifs pour ne pas se laisser manipuler, culpabiliser ou persécuter et  être à l’écoute tranquille de ce qui va et ne va pas pour agir plus heureusement et efficacement.

Le stroke est une ressource naturelle, gratuite, inépuisable et à la portée de tous.

La croyance contraire et fausse est souvent apprise est répandue : le stroke est très rare et très cher. Si j’en donne, je n’en aurai plus. Alors qu’au contraire plus j’en donne, plus j’augmente mes chances d’en recevoir et plus j’augmente ma capacité à stroker et donc mon stock de strokes. Le stroke est une ressource naturelle que chacun a à sa disposition et qu’il peut recevoir et distribuer à tout le monde et à tous moments. Seules, des difficultés psychologiques personnelles et des habitudes sociales restrictives font croire le contraire. Le stroke est gratuit. : il est possible d’en recevoir sans payer en retour de sa personne (stroke inconditionnel)
Chacun peut reconquérir ce droit aux strokes et permettre aux autres de retrouver ce bonheur, source d’énergie positive pour résoudre les problèmes de la vie.”
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Extrait de : “Les outils de bases de l’Analyse transactionnellede Dominique Chalvin

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