Ludique, hédoniste, adulescent et… fier de l’être ?

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Le système éducatif français à l’ère du ludique, de l’hédonisme et de l’adulescent dénonce les effets dévastateurs des écrans, du ludique idéologique et de la soumission adulescente. Ce livre invite les parents à s’interroger sur eux-mêmes pour développer une éducation consciente.

Premier point : Quel que soit le régime en place, les politiques éducatives de ces dernières années misent sur le tout-écran : des millions d’euros sont débloqués par l’État et les collectivités pour doter les établissements scolaires d’ordinateurs et de tablettes censés résoudre bien des problèmes. Or, au contraire, les établissements et les pédagogues les plus lucides interdisent l’usage des écrans. On croule sous le nombre d’études démontrant la grande nocivité des écrans chez les jeunes enfants ; la liste des difficultés causées par l’usage immodéré des écrans est interminable et de tous ordres (troubles de l’attention, de la mémoire, repli sur soi, etc.).

Deuxième point : Le ludique comme idéologie est nuisible. Travailler avec plaisir est une chose, le ludique en est une autre. Le ludique est en lui-même sa propre fin ; or, une activité doit être passionnante en elle-même. Un élève par exemple intéressé par les moteurs de moto n’en attend rien de ludique ; tout élément ludique risque même de lui paraître hors de propos. Le ludique sert non l’épanouissement de l’enfant, mais un conditionnement visant à faire de toute la population des adulescents durables, c’est-à-dire des immatures à vie, dépendants et psychoaffectivement fragiles.

Troisième point : L’hédonisme est une philosophie utilitariste selon laquelle un plaisir passager seul doit être la fin de toute activité. Or ce qu’un être humain épanoui attend de la vie n’est pas une succession de plaisirs évanescents, mais un bonheur profond. L’hédonisme est lui aussi d’ordre idéologique ; il mène pour l’essentiel à la consommation pulsionnelle. L’addiction consumériste crée un manque qui oblige à acheter, dans un cercle vicieux d’insatisfaction organisée.

Conclusion provisoire : Le système éducatif doit-il encourager les enfants à devenir dépendants aux écrans et à la consommation ? L’école doit-elle former des hédonistes pulsionnels et des adulescents vulnérables, par exemple face à leurs futurs employeurs ? Ou les parents doivent-ils soutenir les enseignants qui aident leurs enfants à grandir véritablement, c’est-à-dire à devenir des adultes au sens fort du terme, des êtres conscients d’eux-mêmes, psychoaffectivement équilibrés et intellectuellement construits ?

L'école flottante

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Frédéric GOBERT : Auteur de romans et d’essais, de travaux de linguistique et de pédagogie, docteur en sciences du langage et titulaire d’un DEA de Lettres Modernes, Frédéric Gobert a enseigné à l’université, en lycée et dans différents collèges – dans une zone sensible, en banlieue parisienne ainsi qu’en milieu rural. Il a ainsi été amené à fréquenter des publics très différents. Il est actuellement professeur de français en Ardèche.

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